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Samedi 8 mars 2008
Bloody hell, encore un plagiat !!!
Y’a-t-il une taupe à l’ONK ?

mouton-fou.jpg
La scène prend place dans un pré du Pays de Galles. Décor bucolique et charmant. Le soleil va se coucher, ses derniers rayons s’attardent à l’horizon. Un touriste américain et sa femme se sont attardés dans ce paysage champêtre. Ils se tiennent par la main et devisent gaiement, assis sur un muret de pierre. Un mouton s’approche timidement, lentement. Le couple le regarde en souriant. Rit de son avancée. Le mouton avance encore. Gros plan sur ses yeux noirs et fixes. Le couple se détourne, s’embrasse, ne s’occupe plus du mouton. la bête sort les dents - terriblement pointues -, bêle lugubrement et bondit.
Cri d’horreur, appels à l’aide, bruits de mastication. Gros plan sur la bête qui mâche vigoureusement, une oreille dépassant de sa bouche.
Janus Lumignon : Massacre au mouton, scénario, scène d’introduction    
 

C’est toujours la même histoire.
Chaque fois qu’à l’ONK on décide de se lancer, de matérialiser notre idéal kitsch, de faire œuvre de créateur (marre de seulement commenter), quelqu’un nous grille la politesse.
Nous plagie en beauté.
Déjà pour la biographie de De Gaulle, on s’est fait doubler par ce traine-savates de Jean Lacouture (et pour quel résultat, hein, on vous le demande ? Expédier la vie du général en trois tomes de même pas 1000 pages chacun, j’appelle ça bâcler son travail…) juste au moment où on allait sortir l’œuvre définitive sur la question,*
Pareil pour notre projet de monter un spectacle collectif destiné à faire revivre Elvis en images de synthèse lors de giga concerts-événements : il ne nous restait plus qu’à mettre la main sur un batteur à la hauteur, et paf, on s'est fait grillés au tournant par des amateurs australiens qui maintenant roulent sur l’or,
On ne vous parlera même pas ce tout premier avatar de téléréalité, « chambre de bonne avec kitchenette Story » (20 étudiants, une studette de 10m2, une cohabitation forcée et forcément croustillante), qui avorta quand on s’est fait griller la politesse par ces petits joueurs d’Endemol, ni de notre comédie musicale « Notre Dame de Paris » passée inaperçue car sortie trois semaines après celle qui passa à la postérité…
De toute façon, ça remonte à très longtemps, cette tradition de spoliage. Déjà que Janus Lumignon s’est fait piquer le principe de l’action-painting par ce goujat de Jackson Pollock…
 
Mais cette fois ci, on est vraiment écœurés. Au fond du trou.
C’est qu’on tenait l’idée en or. Un projet de film qu’on mitonnait depuis quelques années.
Pour lequel on fourmillait d’idées audacieuses et révolutionnaires. Un long-métrage qui devait nous propulser aux tous premiers rangs de l’intelligentsia cinématographique.
Le principe était simple autant qu’ingénieux : un remake des oiseaux de Hitchcock avec des moutons mutants à la place des oiseaux. Une insurrection des pâturages, sanguinaire et terrifiante, avec des tombereaux de naïfs citadins et de bedonnants touristes massacrés par un troupeau d’ovidés devenu fou. Le reste à l’avenant, avec des brouettes d’hémoglobines et des massacres d’envergure.
On le sentait vraiment bien.
D’ailleurs, on avait déjà pas mal avancé sur le projet.  
Par exemple, on avait écumé les expos de Damien Hirst, l’artiste conceptuel anglais qui expose fréquemment des animaux (requins, porcs, vaches...) conservés dans du formol. Son agneau dans le formol nous inspirait particulièrement. Nous avait guidé sur la voie de l’horreur à la mouton.


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Et pas plus tard qu’il y a une semaine, on était parti au Pays de Galles, engranger des informations sur les bestioles à laines au péril de nos vies**. (Cf. ci-dessous / crédit photo Janus Lumignon) Planqués dans les prés, gambadant par monts et par vaux (voire par agneaux), on avait pisté les satanées bestioles de manière à tout savoir sur leur comportement. Point ne voulions être critiqués pour des anachronismes ovidaires (?) ou des vices de forme zoologiques.


wales-021.jpg

Le scénario était prêt. Les acteurs aussi.
Bref, il ne nous restait plus qu’à tourner, simple formalité.
Ce n’était plus qu’une question de jours avant que la gloire nous tombe dessus. Pour tout vous dire, on avait déjà prévu nos costumes pour la montée des marches à Cannes.  

Et paf, sans prévenir, la nouvelle est tombée. Apocalyptique. Désespérante.
Des empaffés de néo-zélandais venaient de sortir un film, Black Sheeps, avec exactement les mêmes ingrédients. Des moutons mutants, des citadins grignotés, un zeste d’horreur d’absurde, de l’hémoglobine en veux tu en voilà et des pâturages rouges de sang…


Mouton-fou-3.jpg  

Alors,
On n’est pas du genre à être parano,
Ni même mauvais joueur (d’ailleurs, ce film, on en salive d’avance… La bande annonce, ici, laisse augurer d’un très, très, très grand film, il faut bien l’avouer)
Mais là, trop c’est trop.
Et, officiellement, nous l’annonçons :

Toi le mouchard qui nous barre la route vers la postérité, l'infâme taupe qui nous trahit sans discontinuer depuis tant d'années, ça va chauffer pour tes fesses quand on te chopera…

Mouton-amerloque.jpg                                                                                                        ***


* On ne vous a pas dit que l’ONK était gaulliste jusqu’au trognon ? Irrémédiablement ? Et ben, vous savez maintenant…
** Les 2 courageux tourtereaux, si par miracle un jour vous trainez vos guêtres dans le coin, ceci vous est évidemment et limpidement dédicacé. Heureux veinards...
*** Zgur, me suis permis de te piquer cette illustration. Elle est vraiment trop adaptée à mon propos…




Par L'observateur impartial
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Mardi 4 mars 2008
 Opulence mammaire, bastons jubilatoires et bolides vrombissants

rusqs.jpg
*
Si Russ Meyer avait été Dieu, la question du bien et du mal ne se serait jamais posée. Cette andouille de serpent aurait été bien trop occupée à mater les gigantesques attributs d’Eve pour l’induire en tentation avec sa connasse de pomme. Et on continuerait à galoper dénudés comme au premier jour, heureux comme des papes.   
Janus Lumignon : Dieu, ce scélérat
 

Russ Meyer aimait les fortes poitrines. Plus que tout au monde.
Plus que les histoires de nymphomanes vengeresses, de poursuites endiablées dans le désert, de garagistes lubriques ou de pompistes érotomanes,
Plus que les films de série B ou Z et leurs corollaires de scénarios tortueux/débiles,
Plus encore que les bolides vrombissants aux moteurs de fusées,  
Toutes choses qui par ailleurs faisaient également son délice. 

Ouaip, sans conteste, la passion première du sieur Meyer, c’était les gros seins. Les mamelons XXL. Les nichons géants. Naturels ou pas. Blancs, noirs, en poire, tombants, arrogants, avachis, jaunes, grabataires, siliconés à mort, lactescents, bronzés, qu’importe. Mais gros.
 
Russ Meyer ne se contentait pas de les dénuder à l’écran pour se faire des thunes, ces délicieuses poitrines surdimensionnées,
Ce n’était pas juste un petit malin qu’avait capté que le mâle américain moyen des années 1960/1970 était très sensible à ce genre d’arguments frappants,
Encore moins un tâcheron made in Hollywood abattant de la pellicule au kilomètre pour rembourser les traites de son ranch californien, payer l’essence de ses 2 yachts et les pensions de ses 3 ex-femmes, tout en continuant à mener un train de vie soutenu question coke.
Non, simplement, Russ Meyer rendait un culte au Dieu Mamelon. Sculptait sa dévotion par pellicules interposées. Prêtre des balconnets, pape des décolletés, l'illuminé aimait tellement les femmes et leurs attributs qu’il leur construisit une religion cinématographique à leur mesure. Ceci via une esthétique aussi jouissive que décalée, flirtant allégrement avec les codes du nanar : scénars pas piqués des hannetons, héroïnes aussi fortes en karaté qu’en auto-dégrafage de soutien-gorge, bastons sanguinaires, morale oubliée… le tout construit de manière à habilement multiplier les scènes en mini-bikini, mini-short, maxi-wonderbra ou maxi rien du tout pour ses héroïnes surgonflées.


Russultraaff1.jpg

Assurément, un client de rêve pour l'ONK, toujours à l'affût de ce genre d'illuminés géniaux barbotant avec allégresse dans la mare du kitsch assumé. Cerise sur le gâteau, broderie sur le bonnet F, Russ Meyer prenait un pied immense à tourner ses films. Y insufflait une jubilation jamais démentie, transparente. Une jubilation tellement convaincante qu’elle a fini par l’ancrer comme un cinéaste de tout premier plan auprès de ses successeurs. Séduits par la maestria virevoltante et un tantinet non-académique des plans du maestro, ils sont nombreux, et pas des plus nazes*, à désormais se revendiquer de l'influence de celui qui en son temps était davantage considéré comme le roi du nanar.

Pour les pisses-froids ancrés dans leurs certitudes et prompts à dégainer leurs critiques, un seul visionnage de Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! (indispensable, le film qui a construit sa légende, avec des nénettes aussi méchantes qu'anatomiquement à la hauteur) de Super Vixen**  ou de La vallée des plaisirs devrait vous réconcilier avec l'oeuvre du saint homme, décédé en 2004.
 

Russ-Meyer.jpg
Les anglaises ont de petits seins
Russ Meyer

 
* Voir l’hommage très jouissif (même si très décrié) de l’élève Tarantino à son maître Meyer : Le Boulevard de la mort, road-movie trépidant avec teenagers hurlantes et siliconées dans la plus grande tradition meyerienne
** Dans la même et indispensable série, il y a aussi Vixen, Mega Vixens et Ultra Vixens (mazette !).


*

Ps : Grande nouvelle ! En effectuant quelques recherches pour le compte de ce billet, les courageux guerriers de l'ONK ont déniché leur mascotte, voire leur idole : le valeureux et glorieux Homme Puma (cf. affiche ci dessous), création d'un obscur cinéaste italien, Alberto de Martino. "Plus vite que la lumière, plus fort que l'Ouragan", mazette... à première vue, il est parfait (il vole aussi, à la demande, paraît-il). Seule ombre au tableau, pour l'instant on voit mal ce qu'il a de "Puma". Les recherches sont lancées, on vous tient au courant...
En attendant,
Gloire à celui qui désormais est l'ange-gardien de ces pages. Avec l'Homme Puma à ses côtés, l'ONK ne peut que triompher...


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*
Par L'observateur impartial
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Lundi 25 février 2008
La démocratie passe l’arme à gauche ; pourvu que
cette dernière en fasse bon usage…
 
David_-_The_Death_of_Socrates-copie-3.jpg (David, La mort de Socrate)
                                  
La démocratie c'est pas : « 5 minutes pour les juifs et 5 minutes pour les nazis » ; la démocratie c'est : « on vire les nazis, et après on peut discuter ».
(Jean-Luc Godard)
 

Ici, à l’ONK, on n’aime pas vraiment se mêler de politique. Trop compliqué, trop tentaculaire. Bourré de chausse-trappes et de pièges rhétoriques. Pas notre came, quoi. Janus Lumignon nous le disait encore hier, en guise de conclusion de son discours au banquet annuel des amis du kitsch organisé pour l’occasion dans les jardins de Buckingham Palace (petites pépées, têtes couronnées, montagnes de coke et tapenades de homard à volonté ; très réussi, merci…) : « survoler tout ça d’un air dédaigneux mais sans s’y impliquer, voilà la recette. Point ne voulons nous retrouver du cambouis plein les mains, du sophisme plein la bouche et des brouettes de réflexions soporifiques renversées sur nos parterres intellectuels. La politique est affaire de cloportes, qu’on se le tienne pour dit. Nous, têtes pensantes de l’Observatoire, œuvrons dans une dimension autrement plus respectable ! »
Certes, nous avions bien appelé à la révolution par le kitsch il y a quelques semaines, mais comme personne n’avait suivi notre appel, on avait définitivement enterré la chose. Puisque les gens n’étaient pas sensibles à nos arguments, pourtant implacables, alors…
 
Mais voilà, comme le petit excité qui nous tient lieu de président n’arrête pas de faire des siennes, de gesticuler idéologiquement dans toutes les directions (pourvu qu'elles soient nauséabondes), telle une girouette un jour de tornade, il nous faut derechef, le cœur lourd et l’esprit pataud, nous pencher sur la question.
C’est que, pour tout vous dire, il semble bien que les dernières convulsions politiciennes de l’hideux précité ne soient pas loin de marquer l’arrêt de mort définitif de ce qui déjà frôlait le coma clinique, clapotait dans des eaux salement fangeuses : l’idéal démocratique. Tout poussiéreux qu’il en est devenu, le pauvre, baignant dans la naphtaline. Kitsch au possible, quoi.
 
En moins d’un an exercice, l’hystérique de service aux manières de voyou parvenu a enfoncé ses talonnettes de manière répétée autant que névrotique dans ce qui nous restait de croyance dans la démocratie. Postillonnant ses nouvelles mesures scélérates à la vitesse d’un Texan forant des puits de pétrole, son excellence championne du "limit nervous breakdown"* n’a eu de cesse de nous faire abdiquer nos dernières illusions en la matière.

sarko-grim-copie-copie-3.jpg
On ne va pas s’attarder sur la question, sur les derniers et déplorables méfaits de l'homme aux rats (cf. Alain badiou et De quoi Sarkozy est-il le nom?), ils sont nombreux à faire ça beaucoup mieux que nous (le libertaire Charançon – ici ou l’indispensable Sébastien Fontenelle – ici , par exemple). Mais reste que, sous couvert d’efficacité et de « soyons dans l’air du temps, bordel, on va pas se laisser arrêter par des principes, non? », le petit misérable a tout dézingué. Et nos dernières illusions avec.
Nous, naïfs qu’on était, on se croyait encore au temps de l’utopie démocratique. On se voyait en dignes descendants des premiers démocrates grecques, gambadant joyeusement dans l'Agora et votant dignement pour un avenir meilleur, avec bien sûr nos petits travers (eux avaient les esclaves et l’exclusion des femmes du scrutin, nous de vieilles badernes politicardes rancies au possible). Ca faisait partie du jeu. On y croyait encore un peu, tout bêtement. Et puis, il faut dire, on nous avait bourré le crâne avec ça tant de fois, que ça ne se discutait pas.
Tenez, Montesquieu, par exemple : pas grand-chose de plus chiant à lire que De l’Esprit des lois, non ? Et bien on se l’était farci en entier, puisque le principe de séparation des pouvoirs y puisait en grande partie sa source. On voulait être aware politiquement, quoi, à la Van Damme. Savoir ce qui nous guidait, les principes fondamentaux qui nous gouvernaient. Maintenant que c’est lettre morte, que le pouvoir judiciaire se doit d'être subordonné au pouvoir exécutif (ou dit plus simplement, au bon vouloir du petit Tsar et de ses serviles affidés), il va falloir trouver autre chose.
Pareil pour les référendums. Tout benoitement, on croyait que ça servait à collectivement donner son avis sur quelque chose, quitte à refuser une évolution de société. Comme il semble que ce ne soit pas le cas (Cf. référendum européen et traité de Lisbonne), il faut bien qu’on se décide à entériner la chose : les référendums, ce n'est pas pour donner la parole au peuple, c'est pour plébisciter une politique. Si il y a des gens assez benêts pour refuser le plébiscite, il suffit de passer outre. Pas con...
Et pour le reste, pour tout ce qu’on attachait comme valeurs un tantinet humanistes au système républicain, le régime a tellement dérivé vers l’abjection la plus totale (on va pas lister, on y serait encore demain***) qu'on a de plus en plus de mal à le distinguer des pages les plus noires de notre histoire contemporaines. L'humanisme, la tolérance, la fraternité, toutes ces fadaises c'est has been, c'est tout, kitsch. Coquecigrues et balivernes, tout ça, terriblement Old-fashionned. Comme la démocratie, d'ailleurs. Ce n'est plus dans l'air du temps, il faut s'y faire.
Et donc, l'ONK prend note. Puisque la démocratie est devenue un genre de tapis miteux sur lequel nos têtes dirigeantes essuient leurs pieds, il ne nous reste plus grand-chose comme option, à part nous rallier au dernier idéal qui ne nous dégoute point. Et tant pis si lui aussi colporte sa dose de kitsch. Au moins il a de la gueule :

drapeau_noir-ONK.gif  

Ps : Avant l’anarchisme, on avait pensé se rallier à la LCR, on se disait "le trotskysme, pourquoi pas?", mais comme on aime beaucoup le ski, on préfère pas :  

  tro-copie-2.jpg
                                                                                              **


* On voulait ironiser sur les derniers dérapages du petit caïd aux manières de pitbull risible et au language de concierge aviné, et puis, non, en fait. C'est trop facile, on ne frappe pas un homme à terre. C'est le même principe qui nous interdit de faire un article sur Britney Spears. De là à considérer que les deux en sont arrivés à un même point de déchéance, on hésite. A notre humble avis, c'est une simple question de temps...
** Skalpa, je me suis permis de te piquer cette illus, n’ai pas pu résister, elle me fait trop rire...
*** Un article récent du contre-journal nous semble cependant représentatif de la vilenie absolue du pouvoir en place, en tout cas concernant l'immigration. Filez vite le lire ici.


La démocratie, c'est le pouvoir donné aux poux de manger les lions.
(georges Clémenceau)

Par L'observateur impartial
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Jeudi 21 février 2008
Ervard Forstius mon amour

Tulipe.jpg
 L’oignon fait la force.
  (Fanfan la tulipe)

 
C’est un épisode assez peu connu de l’histoire économique mondiale. Le tout premier krach boursier. Le père de tous les dérèglements financiers. Le premier avatar de folie spéculative. Un genre de bande annonce des siècles à venir où des fleurs remplacent les actions et le cours du bulbe de tulipe le Cac 40. Plus classe qu’une banale crise des liquidités asiatique ou qu’une sempiternelle explosion de la bulle Internet, il nous semble. A l’affût d’histoires improbables et ravi de plonger son lectorat dans une ambiance studieuse autant que scientifique, l’ONK y a même trouvé son héros, un certain Ervard Forstius.  
   
Récapitulons :
1559 : les premières tulipes turques sont importées en Hollande. Immédiatement, un engouement assez étrange pour ladite tulipe s’empare de la haute bourgeoisie. Les grands de Hollande ne jurent plus que par ça. La tulipe est ce qui se fait de plus In, de plus branché. Pas question de déroger à son culte, sous peine d’illico perdre son statut social. L’équivalent du Blackberry maintenant, ou des courses à Longchamp.
En un demi-siècle, certaines races de tulipes atteignent des prix faramineux (2 fois le prix d’une maison bourgeoise, pour les plus rares). C’est que les tulipes sont fragiles et loin d’être à l’abri des virus. Et un de ces virus, la virose, entraîne des modifications esthétiques (mouchetures, zébrures, cf. illus ci-dessus) et confère à la fleur (à son bulbe surtout) une valeur positivement démente. Le pays tout entier sombre dans la folie de la spéculation tulipière.
L’engouement continue jusqu’en 1636. Tous les spéculateurs de Hollande ont alors investi leur argent dans la tulipe, mais aussi toute personne possédant un minimum de capital. Certains se partagent même les frais, divisant les bulbes les plus précieux en différentes parts afin de pouvoir se les payer.
Et puis, un certain Adriaen Roman, un peu interloqué par la folie tulipière s’étant emparée de ses concitoyens (il y a toujours des traîne-savates pour cracher dans la soupe...), se décide à écrire un pamphlet sur le sujet. Il y conte l’histoire d’un tisseur devenu fleuriste, se moquant d’un ancien collègue qui n’a pas suivi sa voie. Ce à quoi le tisseur lui répond que l’andouille c’est lui, et que les profits mirifiques dont il parle, il ne les a pas encore encaissé. En clair, rira bien qui rira le dernier, quand il essayera de vendre ses trois misérables fleurs au prix de 6 maisons.
 
L’ouvrage se propage. Et les quelques vendeurs qui l’ont lu, de peur de perdre tout, se mettent à brader leurs tulipes. Rapidos, ils sont suivis par leurs confrères dans toute la Hollande, effet domino aidant. En trois jours, le prix de la tulipe a baissé de 99%.
La suite est banale : ruines, suicides, vies brisées, reconversions dans le gouda, la beuh ou l'édification de moulins... Un genre de krach de 29 avant l’heure, n’épargnant rien ni personne étant donné que l’ensemble de l’économie repose sur la tulipe.
 
Dans ce climat de catastrophe, alors que chacun pleure ses biens perdus, que tous tombent comme de mouches au cours de l’hiver qui suit, un seul garde la tête haute, refuse de se laisser abattre. Parcourant les campagnes et les villes, obsédé par la fortune qu’il vient de perdre, un certain Ervard Forstius décime sur son passage les champs de tulipe. A coups de cannes, méthodiquement, l’illustre gaillard se fait vite un nom en se transformant en Attila des prés. C’est qu’il s’est donné pour tâche de faire payer aux malheureuses fleurs l’étendue du désastre. Battant à mort de sa canne chaque tulipe se présentant sur son chemin, Evrard gagne le respect de ses concitoyens et lance un mouvement de tulipophobie d'ampleur nationale que les autorités auront le plus grand mal à faire cesser. 
  
Pourquoi on vous raconte ça ? 
Bah, déjà parce qu’en tant qu’incurables romantiques, une époque où les fortunes se font et se défont via le cours de fleurs nous apparaît comme infiniment sympathique, voire paradisiaque.
Et puis, on espère un minimum qu’à la prochaine crise financière d’envergure qui ne devrait tarder (entends-tu, lecteur, ces subprimes qui glapissent dans le lointain ?), d’aucuns se mettront en tête d’imiter Ervard Forstius. Et de détruire avec acharnement la cause de leur ruine, sabrant tout sur leur passage, pillant banques et sièges de grandes entreprises, brûlant bourses et places financières, vengeant leur ruine en s’en prenant aux vrais responsables. Troquant la canne pour le Cocktail-Molotov,  peut-être, mais animés de la même légitime soif de vengeance*.   
    
 

banksy-Tulipe.jpg
 
* Oui oui, c’est un peu tiré par les cheveux, on sait. D'un mec un peu dérangé saccageant les champs de tulipes, bifurquer vers un appel à l’insurrection anti-capitaliste, on suit un raisonnement un peu alambiqué. Certains tristes sires pourraient trouver à y redire. Mais, ici, à l’ONK, ça nous botte, l’insurrection par les fleurs. Et puis, ça nous permet de mettre en illustration (ci-dessus) une oeuvre de Banksy qui nous tient particulièrement à coeur (spéciale dédicace à Ben le spécialiste universitaire de l'anarchie que le monde nous envie)…
 

Un marchand "fou" pour un bulbe 'Vice Roy' donna 2 chargements de blé, 2 chargements de seigle, 4 boeufs, 8 porcs, 12 moutons, 2 barriques de vin, 4 barriques de bière, 2 caisses de beurre, 1000 livres de fromage, 1 lit incluant le matelas et les oreillers, divers costumes et un pot en argent!
(K Galbraith)
 
Par L'observateur impartial
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Dimanche 17 février 2008
BANKSY : Reclaim the walls !

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Cette nuit là, je titubais en solitaire dans les rues de Soho, sérieusement bourré et plutôt déprimé par la grisaille ambiante. Je venais de croiser un drôle de type avec 2 bombes de peinture à la main, un genre de colosse blafard aux cheveux longs qui pressa le pas en me voyant. Et, au coin de la rue, je suis tombé sur un tag encore frais, luisant de peinture non séchée. Un tag magnifique et sombre, qui représentait un flic armé jusqu’aux dents en train de fouiller brutalement le panier d’une gamine. En bas à droite, la signature : Banksy. J’ai mis un certain temps à percuter, éthylisme oblige, que le type zarbi que je venais de croiser, n’était autre que le grand Banksy, le graffeur dont toute l’Angleterre rêve de percer à jour l’identité, l’oiseau de nuit provocateur à l’humour corrosif. 
Vous savez, il m’est arrivé beaucoup de choses dans la vie. J’ai vécu des aventures autrement plus palpitantes, des rencontres autrement plus fécondes. Et pourtant, je ne saurais dire pourquoi, mais je n’oublierais jamais ce soir là, cette rencontre nocturne impromptue et fugace avec le maître de la subversion urbaine.
Janus Lumignon, Arrêt sur le mage. 1998.
 

C’est une star chez les britons. Une vraie. Tout le monde sait qui c’est, même les plus ignares des piliers de pub. Les reproductions de ses œuvres trônent en bonne place chez tous les branchés du pays ; les critiques d’art s’époumonent à vanter son talent et son acidité ; les heureux élus confrontés à ses graffs éphémères s’en gargarisent pendant des mois ; journaux et télés relaient avec enthousiasme ses dernières créations ; et des petits malins se font des thunes monstres en reproduisant ses œuvres pour les vendre à la sauvette.
Et pourtant, personne ne sait à quoi il ressemble.
 

C'est que Bansky est un graffeur, quelqu’un qui par définition fait un travail éphémère, voué à la disparition et à la vindicte étatique. Normal donc, que le bonhomme tienne à son anonymat. Même si on ne peut s’empêcher de trouver bizarre cette surexposition médiatique d’un artiste travaillant dans l’ombre et distillant des messages plutôt libertaires.
Il n’empêche, les œuvres et la démarche de Banksy réjouissent au plus haut point. Armé de pochoir et de bombes, il arpente les rues de métropoles mornes pour leur insuffler un peu de vie. Comme son glorieux prédécesseur parisien Blek le Rat (son modèle avoué), l'illustre personnage transforme les paysages urbains en zones d’expression ou de revendication, avec une créativité démente et un sens du détournement infiniment réjouissant.
 
Qu’il ridiculise les figures tutélaires de l’histoire anglaise (cf. illus plus haut, la reine Victoria au royaume de Lesbos) ;
Ou s’en prenne à l’omniprésence effrayante des caméras de sécurité à tous les coins de rue de la perfide Albion ;

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Qu’il fasse désarmer les snippers par des enfants,

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ou fouiller les soldats par des fillettes ;

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Qu’il pointe d’un doigt accusateur les dérives des politiques sécuritaires contemporaines ;

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Ou fasse pouffer le passant en mettant en scène un adultère urbain périlleux ;

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Qu’il traîne dans la boue les institutions culturelles en apposant aux murs de prestigieux musées des croûtes immondes* (comme cette horrible toile accrochée plusieurs jours dans une galerie du Brooklyn Museum de New York avant que la supercherie ne soit éventée) ;
 
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Ou tague l'ignoble mur israélien enserrant les territoires palestiniens, le détournant magistralement de sa fonction première en le couvrant de messages pacifistes** ;
  banksy-balloongirl.jpg
 
Qu’il revisite à sa manière et sans pincettes les pages peu glorieuses de l’histoire américaine ;

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Ou hooliganise l’histoire de la peinture ;

Banksynighthawks.jpg
Ou simplement, qu’il fasse fleurir la rue ;

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Banksy, nous semble t’il, fait toujours mouche...
 
 
* Plus d’infos sur ces remarquables équipées profanatrices ici
** Plus d'images des interventions de Bansky sur le mur de séparation Israël/Palestine, ici.

Ps : les illustrations de ce billet sont soit des photos de tags prises par des passants et piochées par votre serviteur sur Internet, soit des œuvres réalisées en intérieurs (pas des tags donc) et mises en ligne sur son site par Banksy himself. Le site est ici, il vaut largement le déplacement.

 

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Par L'observateur impartial
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Dimanche 10 février 2008
L’art et la manière d’avoir des occupations débiles :
les courses de lévriers
 
  c.jpg  
« La pire soirée de ma vie. Et de loin. »
(Janus Lumignon)

C’est indéniable : dans de nombreux domaines, les britons nous sont infiniment supérieurs.

Ils ont une meilleure descente (note à moi-même : ne plus leur lancer de défis question picole…)

Des journaux plus "croustibelins" (© pubeuse luminescente), regorgeant de ragots immondes et de faits divers macabres*,
Des Fisch and Chips cent fois plus graisseux que nos kebabs les plus immondes, 
Des équipes de foot qui nous étrillent régulièrement, 
Des supporters de foot bourrins qui étrillent régulièrement nos propres supporters,
Des hommes politiques comparativement sous médiatisés (c’est bien simple, tout le monde s’en bat l'oeil des politicards),
Des groupes de pop qu’on passe notre temps à copier sans jamais les égaler,
Des écrivains salement plus talentueux et classieux que nos tristes baudruches littéraires hexagonales (cf. Irvine Welsh, John King ou J.G. Ballard) ,
et … 
Ils ont les courses de lévriers.
Un must absolu pour tout observateur du kitsch qui se respecte.


G.jpg

La chose se présente ainsi :

D'abord un bout de chiffon boueux tracté sur un rail et censé représenter un lapin (de loin, alors... cf. ci dessus).
6 bestioles infiniment maigres et aérodynamiques, avec des pattes qui n’en finissent pas. Assez ridicules pour tout dire, mais filant comme des dératées, langues pendantes et oeil fou, quant elles sont lancées**.
Des spectateurs bourrés comme des polacks et mugissants dans la plus grande tradition braillarde britonne, rugissant des invectives à l'adresse des malheureuses bestioles (« Number 6, you're a fuckin' damn' motherfucker ! I'll kill you, number 6, I'll kill you bastard !!! »)
Des bookmakers débonnaires aux tuyaux foireux. 
Des courses de 30 secondes durant lesquelles il est impossible de différencier son favori des autres bestioles de la meute. Juste une masse de corps en mouvements floue dans laquelle émerge parfois une patte où un jappement.
 Et un laps de temps entre chaque course assez grand pour aller se ravitailler en bières.
 Un must, on vous dit.

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* Pioché dans le Daily Mirror, hier :
« Il passe une folle nuit d’amour avec une fille morte depuis trois jours.
John Clergy, 35 ans, nous déclare : je ne me suis rendu compte de rien. Je croyais qu’elle dormait. »
La classe internationale...
 
** Toute personne désireuses d’adopter un lévrier en fin de course est priée de contacter l’observatoire. Il y a un sérieux problème d’abandon de bestioles quand elles ne sont plus bonnes à courir, ici. L’ONK en a déjà adopté 3. Moins utile qu’un pitbull, ok, mais ça vous confère illico une indéniable prestance esthétique.

E-copie-1.jpg Crédits photos : Janus Lumignon

Par L'observateur impartial
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Jeudi 7 février 2008
Un vaudeville bien de chez nous, observé loin de chez nous.

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Carla Bruni ? Non, Carla Rougit. De colère.

(Janus Lumignon, La France vue du fiel ;
365 jeux de mots pourris pour 2008.
)
 
Je veux avoir un homme qui a le pouvoir nucléaire. 
(Carla Bruni)

 
On s’était juré de ne plus en parler. De laisser ça derrière nous, comme un passé peu reluisant qu’on voudrait oublier. Trop glauque, trop nul. Fangeux.
D’ailleurs, c’est un peu pour ça qu’on est parti. Qu’on a placé une mer (même petite) de distance entre le fou dangereux aux commandes hexagonales et notre propre peau, salement allergique à son populisme de très bas étage. On est en convalescence, en quelque sorte, Lumignon et moi. On reprend des forces, loin de la Sodome et Gomorrhe liberticide qui a pris ses aises chez nous.
 
Mais voilà, hier, on a rechuté. Trop dur de tenir le coup, de faire comme si rien ne se passait en (F)rance. Surtout avec Internet. Trop de questions nous tarabustaient : est-ce que cette inique loi sur le « délit de vagabondage », celle qui nous ramenait directos 150 ans en arrière, était passée ? Est-ce qu’on avait déclaré la guerre à l’Iran ? A la Turquie ? Est-ce qu’on avait envoyé la troisième armée dans les banlieues ? On y tenait plus, il fallait qu’on sache. Alors, mine de rien, comme un tox repiquant au truc, un peu honteux, on a tapé « Sarkozy » sur Google actualités. Juste pour avoir les dernières nouvelles, pour humer l’atmosphère.
Et…
On ne l'a pas regretté :
qu’est ce qu’on s'est marrés...
D'un rire mesquin et gras, vengeur. Sans scrupules. Tonitruant.
Un rire qui s'est éternisé dans les grandes largeurs. Et nous a fait un bien fou.
   
C’est que, avec ce SMS psychopathe (« si tu reviens, j’annule tout ») envoyé à son ex femme une semaine avant de se remarier avec la vamp italienne croqueuse d’hommes, le président que le monde nous envie (quand le monde veut se fendre la gueule) a dépassé les bornes en matière scénaristique, a explosé tous les « Dallas », « La croisière s’amuse » et « Hartley cœur à vif » du monde, même réunis.

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On croyait avoir atteint certaines limites dans le mélo cheap et l'imagerie
« papier glacée » la plus naze, de celle qui fait vendre du Closer et du Paris-Match à pleines brassées. Mais là, quand même, le bougre élyséen fait très fort. Mieux que Loanna.
Ce serait un pote ou quelqu’un qu’on aime bien, on aurait vraiment pitié pour lui. Avec tristesse, on se dirait qu’il est juste bon pour la poubelle. Périmé.
Mais là, ce qu’on se bidonne...
D'ailleurs je suis sur qu’on est pas les seuls. Qu'on est des millions à suivre avec une délectation perverse le minable feuilleton en train de se jouer. Et que, si ceux qui le huaient se marrent, ceux qui le suivaient aveuglément finissent par se poser des questions. Même Madame Michu, celle qui vit sous perfusion TF1/Le droit de Savoir/Jean Pierre Pernaut et n'aime pas trop ce qui n'est pas blanc ou ce qui est jeune, et bien, même elle commence surement à regarder d'un autre oeil les pitreries médiatico/sentimentales de notre dangereux pantin à talonettes.
Grâce en soit rendue à celle qu'on a toujours détesté, mais qui à force d'envoyer bouler notre présiment et de le trahir dans les grandes largeurs (qui d'autre qu'elle pour divulguer le contenu du message en question ?) va finir par gagner notre estime. Bravo Cécilia ! *

* Mazette, si on m'avait dit qu'un jour j'écrirais ça...
En passant, je profite de ce compliment inattendu pour en remettre une couche dans l'incongru et souhaiter d'avance
à Carla une bonne St Valentin, romantique et tout. Hin hin.

Pas besoin de communiqué, tous ces cons, j’en ai rien à foutre !
Sarkozy à sa conseillère en communication (Catherine Pégard) le jour de son mariage.


Post-scriptum (après coup) :
Fidèles à notre inflexible objectivité (prendre à défaut l’ONK ? impossible…), nous sommes obligés de mettre un léger bémol à ce billet. C’est que l’élément déclencheur de cet article (ce SMS envoyé par notre J.R. de président à sa Sue Ellen enfuie) reste sujet a caution. Les informations de Bakchich (voir article ici) nous semblant
généralement plus crédibles que celles du nouvel obs, nous sommes obligé de faire un tantinet machine arrière sur ce sujet. Ceci dit, ça ne change pas grand-chose au fond du problème, à savoir la grande pantalonnade présidentielle se jouant chaque jour à la une des médias et la minable sitcom bas de gamme qui nous tient lieu de débat politique.   


Par L'observateur impartial
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Mardi 5 février 2008
Danse du poulet, décapitations, gnôle frelatée, rock débraillo/primitif
et
viande crue : délires fleuris d’un pionner du punk.
   
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On l’imagine très bien se battant avec quelque poivrot de son acabit dans un rade paumé du Nebraska pour une histoire de bière renversée. Ou se biturant comme un polack pendant cinq jours d’affilée juste parce qu’il vient de toucher sa paye. Puis retournant au turbin illico avec une gueule de cadavre parce que les finances sont à sec. L’anti héros américain typique. De la trempe d’un Bukowski ou d’un Sony Barger*. Braillard, crade, vicieux, menteur et salement psychopathe. Looser devant l’éternel même si animé d’une énergie absolue, presque surnaturelle.  

Certains des bruits courant sur son compte semblent parfois un tantinet exagérés. On a du mal à croire, par exemple, qu’il s’enfilait quotidiennement ses 4 litres de vodka comme d’autres s’enfilent un jus d’orange. Qu’il était capable de passer plusieurs semaines sans dormir. Ou qu’il se nourrissait quasiment exclusivement de viande crue, stockée par quintaux entiers dans ses réfrigérateurs (informations pourtant relayées en masse sur les sites consacrés à l’intéressé). Ces faits là, même si présentés comme indiscutables, nous semblent légèrement sujets à caution. Exagérés. Ok, Hasil Adkins n’était pas n’importe qui. Tout sauf une tantouse. Un picoleur galactique et un cinglé sans équivalent. Mais quand même, faudrait voir à rester dans les limites du crédible.
 

Par contre, d’autres données, avérées celles-ci, achèvent de nous rendre le bonhomme éminemment sympathique.
D’abord, il y a sa musique : 7000 chansons enregistrées dans sa caravane, sur un magnétophone acquis grâce à son salaire de mécano, et dotées d’un son cradingue inimitable. 7000 perles oscillant entre country débraillée et punk avant l’heure, rock à l’huile de vidange et rockabilly fantastique, et écrites dès le début des années 1950. Avec quelques hits absolus comme she said, hymne foutraque et primitif au désordre conjugal, ponctué de glapissement du plus bel effet (Ecouter She said **) reprise ensuite par les immortels Cramps***, ou bien No more hot dogs dans laquelle il annonce à sa petite amie qu'il va lui couper la tête et l'accrocher à son mur afin qu'elle ne puisse plus en manger (des hot-dogs).

Alors que le rock est juste en train de naître, que Elvis et consorts (Gene Vincent, Bill Haley…) chantent d’innocentes bluettes aux paroles niaises (en comparaison), les chansons d’Hasil Adkins sont d’épiques mélopées sanguinaires dans lesquelles se mêlent allégrement l’amour, la mort, la viande en boîte, la décapitation, les aliens, le suicide, les poulets****, tout ça avec une hargne et une imagination gore insurpassables. D’où les paroles d’un célèbre critique rock affirmant, « l'année où naquit le rock'n roll, en 1955, il était déjà en train de le tuer ».
 
Et puis, pour achever de nous le rendre sympathique, il y a la folie absolue du personnage. Sorte de mégalo glandeur qui ne sortit jamais de sa Virginie natale, Adkins se mit à la musique après avoir entendu un concert de Hank Williams retransmis à la radio. Persuadé que ce dernier était tout seul à faire « tout ce boucan », il concocta immédiatement son « One man band », jouant de tout à la fois lors de ses performances, de la guitare à la batterie en passant par le chant, l’harmonica, l’orgue…  
 
Les deux danses loufoques dont il fut autant le créateur que le promoteur, le Hunch (« recroquevillement ») et le Chicken Walk (Sorte de Danse des canards avec connotations sexuelles : aperçu chicken walk ) confèrent à elles seule une place toute particulière dans notre panthéon personnel.à l’illustre Hasil Adkins, mort il y a quelques années et à coup sûr illico réincarné en hamburger graisseux servi dans un relais routier pour rednecks crasseux  (Enfin, il nous semble).
 
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* Mythique chef des Hell’s Angels, connu pour être un tout petit peu moins bourrin et décervelé que ses congénères bikers. Mais pas un tendre non plus… Cf son autobiographie, traduite en français.   
   
** La vidéo n’est pas de lui et elle brille par son mauvais goût low fi, mais on fait avec ce qu’on a, et c’était le seul moyen de faire écouter cette chanson aux cloportes sous cultivés qui ne la connaissaient pas encore, lecteur adoré.
   
*** Message à ceux qui ne connaissent pas les Cramps : laissez le rouge envahir vos fronts et repartez chez vos mamans. Ou alors comblez vite vos lacunes en vous ruant sur un des plus grands albums garage-punk-n’imp de tous les temps : « Bad music for Bad people » (contient la reprise sus mentionnée, pépite entre les pépites).

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**** Sur ce dernier sujet, l’écoute de son concept album consacré à la gente volaillesque, au doux nom de « Poultry in motion » (voir pochette plus haut), est plus que conseillée. C’est que le sujet poulet est trop souvent méprisé par nos soit disant élites culturelles. Je songe par exemple au trop méconnu « opéra poule » d’un certain traîne-savates de ma connaissance, genre de Wagner des poulaillers, qui aurait mérité meilleure réception, m’est avis. Si un producteur passe dans le coin et est intéressé par une fresque ovipare d’envergure (incluant poulets mutants vengeurs et meurtre de fermiers par armée poulesque déchainée), me faire signe, je transmettrais l’offre financière à l’intéressé (que je ne salue pas, soit dit en passant, ou alors d’un glaviot Sid Viciousant de belle taille) …  

 
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« She jumped up outta the car
She pulled her hair down her eye
She looked to me like a dinosaur 'bout to jump outta that seat
She said
She said
She said
Woo ee ah ah!
Woo ee ah ah!
Woo ee ah ah!
Woo ee ah ah!
Wooooeeeeyahhhh! »
 
Extrait de She Said, Hasil Adkins
 

Par L'observateur impartial
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Samedi 19 janvier 2008
Agit-prop’ et gros sabots ; l'an 1 de la croisade pour un Kitsch flamboyant

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L’absence de kitsch rend notre vie insupportable. Sans romantisme cela ne va pas. Le nain de jardin symbolise le droit au rêve et à la nostalgie d’un monde meilleur et plus juste.
Le nain de jardin est un rempart contre la dictature nihiliste et sans âme de notre époque.
Comme on chasse Dracula avec de l’ail et un crucifix, on chasse les dogmatiques stériles et tyranniques avec le nain de jardin. Longtemps avant notre image chrétienne du monde, longtemps avant les dieux anciens des romains et des Grecs, longtemps avant notre histoire, nous autres hommes avions le droit de parler avec les oiseaux, les animaux et les plantes et les arbres, et même avec l’eau, les pierres et les nuages, et l’on se comprenait en parlant ensemble. C’est ce qui est écrit dans les contes.
Le nain de jardin – conjointement avec les elfes, les ondines, les gnomes, les géants et toute la troupe de personnage merveilleux – est le dernier vestige de cette lointaine ère primitive.
Freidensreich Hundertwasser.


Ici, à l’ONK, nous croulons littéralement sous le courrier : lettres d’injures, de menaces, lettres d’encouragement, poèmes amoureux (Janus Lumignon semble exercer un attrait érotique d’envergure sur l’ensemble de la gente féminine. Comme on la comprend…) appels à rejoindre d’autres causes, convocations à la PJ… Notre engagement tonitruant ne laisse pas indifférent, c'est clair.  
S’il nous est apparu important de clarifier notre action, de sortir du bois, c’est que nous estimons notre tâche comme largement ancrée dans la politique, la vie de la cité. Et que le monde qui se modèle sous nos yeux prend chaque jour davantage des allures de 1984 du pauvre, aseptisé et clinquant, gris béton uniforme. Sans couleurs ni contrastes, sans KITSCH non plus (au sens sacré où nous l’entendons évidemment. Le Kitsch au petit pied, genre celui mis en scène par notre tsar présidentiel de tous les mauvais goûts, en est l’antithèse absolue…). Certains penseront que parler de chevaux volants, de chanteurs illuminés ou d'électrons libres de l'histoire de l'art n'a que peu à voir avec une insurrection dans les formes. C'est qu'ils n'auront pas saisi que le combat est global et culturel, transdisciplinaire et universel. Nous souhaitons manger à tous les rateliers et n'en privilégions aucun comme référent particulier. Le pot pourri est notre combat, la rhétorique crypto-kitsch notre arme imparable.

En conséquence, nous, membres de l’ONK, appelons avec détermination les forces en présence à s’allier pour le grignotage des bases de ce système faisandé :

 
Glandeur, changes rien
Balayeur, brûle ton balais
Ouvrier fraiseur, sabotes ta fraise
Stagiaire, violes les secrétaires
Garagiste, sors ta clé à molette
Elu UMP, rentres chez ta maman
Contrôleur, contrôles toi toi même
Ford Fiesta, percute les Ferraris
Gibier de potence, pésévères
Flic, auto-taserises toi
Entartreur, continues
Commune, refleuris

Subprime, pourris le système
Britney Spears, rejoins la bataille
Président, seppukutes toi
Animal disparu, ressuscites
Porte avion, sabordes toi 
Sous continent exploité, migres en masse
Faisan, fais toi un chasseur
Ciel, malmènes tes satellites
Or, changes toi en plomb
Sans chemise, tisses la
Sans papiers, voles les 
Sans espoirs, construis les  
Désespérés de tous bords,  rejoignez l’ONK !


Les premières bases écrites de l’insurrection, distribuées lors des récents billets (+ 1 cadeau bonus ci dessous) fourniront la matière première de la révolte à venir. A distribuer en masse à la sortie des écoles, des mosquées, des parkings, des hypermarchés, des réunions UMP, des UGC, des marchés, de l’Elysée, des permanences trotskystes et de chez ta mémé.
Pour que le chatoyant morde sur le terne, place à l’ONK !


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Ps : L'ONK déménage pour quelques mois en Angleterre, afin de propager la bonne parole chez les britons. Il se peut que les prochaines semaines soient peu propices à la continuation du combat en ces lieux. L'absence temporaires de billets ne doit en aucun cas être assimilée à une capitulation. Juste à une acclimatation progressive. Nul doute qu'à mon retour, l'engrenage sera en place et la révolution imminente.
Camarade Lumignon, porte-flambeau de l'ONK.


PPs : en guise de consolation, nous t'offrons, brave lecteur, la seule photo connue du camarade Lumignon. Devrait pas tarder à devenir aussi mythique qu'une certaine photo du Che, il nous semble (ça claquerait en poster, non ?). Notez la troublante ressemblance avec le nain de jardin tant vanté par Hundertwasser : il y a des destins plus forts que tout...  



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Le nain de jardin symbolise le droit au rêve et à la nostalgie
d’un monde meilleur et plus juste.
Freidensreich Hundertwasser.
 
Par L'observateur impartial
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Vendredi 18 janvier 2008

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Ce qui importe ici, plus que les vaines envolées lyriques, plus que les martiales déclarations d'intention, c'est la manière, la touche. Le reste ne compte pas. C'est une question de style.
Si je devais résumer mon engagement au côté des vaillantes têtes chercheuses de l'ONK, le mieux serait encore de citer ce bon vieux Lichtenberg :
un regard neuf à travers de vieux trous. C'est exactement ce que nous souhaitons faire. Sauf que ces vieux trous, bien sûr, sont choisis avec parcimonie et selon des critères bien définis. Il s'agit de dynamiter l'ordre esthétique et médiatique mondial, ce n'est pas rien, quand même. On a pas le droit à l'erreur...
Janus Lumignon : pourquoi je me rallie à l'ONK et à croisade,
entretien à paraître dans L'humanité.


Par L'observateur impartial
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