Bloody hell, encore un plagiat !!!
Y’a-t-il une taupe à l’ONK ?
La scène prend place dans un pré du Pays de Galles. Décor bucolique et charmant. Le soleil va se coucher, ses derniers rayons s’attardent
à l’horizon. Un touriste américain et sa femme se sont attardés dans ce paysage champêtre. Ils se tiennent par la main et devisent gaiement, assis sur un muret de pierre. Un mouton s’approche
timidement, lentement. Le couple le regarde en souriant. Rit de son avancée. Le mouton avance encore. Gros plan sur ses yeux noirs et fixes. Le couple se détourne, s’embrasse, ne s’occupe plus du
mouton. la bête sort les dents - terriblement pointues -, bêle lugubrement et bondit.
Cri d’horreur, appels à l’aide, bruits de mastication. Gros plan sur la bête qui mâche vigoureusement, une oreille dépassant de sa bouche.
Janus Lumignon : Massacre au mouton, scénario, scène d’introduction
C’est toujours la même histoire.
Chaque fois qu’à l’ONK on décide de se lancer, de matérialiser notre idéal kitsch, de faire œuvre de créateur (marre de seulement commenter), quelqu’un nous
grille la politesse.
Nous plagie en beauté.
Déjà pour la biographie de De Gaulle, on s’est fait doubler par ce traine-savates de Jean Lacouture (et pour quel résultat, hein, on vous le demande ?
Expédier la vie du général en trois tomes de même pas 1000 pages chacun, j’appelle ça bâcler son travail…) juste au moment où on allait sortir l’œuvre définitive sur la question,*
Pareil pour notre projet de monter un spectacle collectif destiné à faire revivre Elvis en images de synthèse lors de giga concerts-événements : il
ne nous restait plus qu’à mettre la main sur un batteur à la hauteur, et paf, on s'est fait grillés au tournant par des amateurs australiens qui maintenant roulent sur l’or,
On ne vous parlera même pas ce tout premier avatar de téléréalité, « chambre de bonne avec kitchenette Story » (20 étudiants, une studette de 10m2,
une cohabitation forcée et forcément croustillante), qui avorta quand on s’est fait griller la politesse par ces petits joueurs d’Endemol, ni de notre comédie musicale « Notre Dame de
Paris » passée inaperçue car sortie trois semaines après celle qui passa à la postérité…
De toute façon, ça remonte à très longtemps, cette tradition de spoliage. Déjà que Janus Lumignon s’est fait piquer le principe de l’action-painting
par ce goujat de Jackson Pollock…
Mais cette fois ci, on est vraiment écœurés. Au fond du trou.
C’est qu’on tenait l’idée en or. Un projet de film qu’on mitonnait depuis quelques années.
Pour lequel on fourmillait d’idées audacieuses et révolutionnaires. Un long-métrage qui devait nous propulser aux tous premiers rangs de l’intelligentsia
cinématographique.
Le principe était simple autant qu’ingénieux : un remake des oiseaux de Hitchcock avec des moutons mutants à la place des oiseaux. Une
insurrection des pâturages, sanguinaire et terrifiante, avec des tombereaux de naïfs citadins et de bedonnants touristes massacrés par un troupeau d’ovidés devenu fou. Le reste à l’avenant, avec
des brouettes d’hémoglobines et des massacres d’envergure.
On le sentait vraiment bien.
D’ailleurs, on avait déjà pas mal avancé sur le projet.
Par exemple, on avait écumé les expos de Damien Hirst, l’artiste conceptuel anglais qui expose fréquemment des animaux (requins, porcs, vaches...) conservés
dans du formol. Son agneau dans le formol nous inspirait particulièrement. Nous avait guidé sur la voie de l’horreur à la mouton.
Et pas plus tard qu’il y a une semaine, on était parti au Pays de Galles, engranger des informations sur les bestioles à laines au péril de nos vies**.
(Cf. ci-dessous / crédit photo Janus Lumignon) Planqués dans les prés, gambadant par monts et par vaux (voire par agneaux), on avait pisté les satanées bestioles de manière à tout savoir sur
leur comportement. Point ne voulions être critiqués pour des anachronismes ovidaires (?) ou des vices de forme zoologiques.
Le scénario était prêt. Les acteurs aussi.
Bref, il ne nous restait plus qu’à tourner, simple formalité.
Ce n’était plus qu’une question de jours avant que la gloire nous tombe dessus. Pour tout vous dire, on avait déjà prévu nos costumes pour la montée des
marches à Cannes.
Et paf, sans prévenir, la nouvelle est tombée. Apocalyptique. Désespérante.
Des empaffés de néo-zélandais venaient de sortir un film, Black Sheeps, avec exactement les mêmes ingrédients. Des moutons mutants, des citadins
grignotés, un zeste d’horreur d’absurde, de l’hémoglobine en veux tu en voilà et des pâturages rouges de sang…
Alors,
On n’est pas du genre à être parano,
Ni même mauvais joueur (d’ailleurs, ce film, on en salive d’avance… La bande annonce, ici, laisse augurer d’un très, très, très grand film, il faut bien l’avouer)
Mais là, trop c’est trop.
Et, officiellement, nous l’annonçons :
Toi le mouchard qui nous barre la route vers la postérité, l'infâme taupe qui nous trahit sans discontinuer depuis tant d'années, ça va chauffer pour tes
fesses quand on te chopera…
***
* On ne vous a pas dit que l’ONK était gaulliste jusqu’au trognon ? Irrémédiablement ? Et ben, vous savez maintenant…
** Les 2 courageux tourtereaux, si par miracle un jour vous
trainez vos guêtres dans le coin, ceci vous est évidemment et limpidement dédicacé. Heureux veinards...
*** Zgur, me suis permis de te piquer cette illustration. Elle est
vraiment trop adaptée à mon propos…