Merveilles du monde animal, ou pas. N°3

Publié le par L'observateur impartial

Du rock écervelé, des guitares mitraillettes et de l’esthétique craignos 
comme pourvoyeurs privilégiés d’étincelle.  
Judas Priest : Breaking the Law
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Ils son outrageusement moches.
Leur clip est ignoble.
Leur sous rock FM pue la naphtaline à mille lieues à la ronde.
Leur chanteur– maigrichon blondinet aux cheveux filasses – est l’anti rock star par excellence.
Leur esthétique ferait passer les réalisateurs de Derrick pour des magiciens de l’image,
et une série Z russe bas de gamme pour un condensé indépassable de bon goût .
 
Mais quand même : quelle classe !
On en connaît - et pas des moindres... - qui vendraient père, mère, potes lourdingues et crevettes de l’espace pour chaque visionnage de ladite merveille. Qui la placent sans ambages au firmament de leur adulation absolue, au top du top des vidéos les plus enthousiasmantes de l’univers. Et on n’est pas loin de les suivre…  
 
A ceux qui ne défailleraient pas d’enthousiasme devant ce clip et son scénario imparable, on ne saurait trop quoi répondre.
Quoi, sans déconner, 
Ce moment où le chanteur écarte les barreaux de la cage avec une crispation faciale d’haltérophile ukrainien machiavélique pour s’emparer de son dû – ce disque d’or bien mérité –, ne vous enthousiasme pas outre mesure ? 
Cette scène où nos hard rockeurs gangsters filent en Cadillac rose vers un horizon ou la loi n’a plus cours – même si le vent de la course les défrise un peu – ne vous rassure pas sur le sens de l’existence ?
Ce chanteur bloqué dans un rictus simili méchant, poing tendu, bracelet de force clouté en étendard, ne vous arrache aucun gémissement de plaisir ?
Ce barbu arborant un sourire polisson imparable et marmonnant dans ses poils avec délectation, ne vous fait pas frissonner d’aise ?
Ces paroles primaires, odes pubertaires à l’anarchisme le plus basique, ne remuent rien en vous ?
Diantre, que vous dire…
 
Si vraiment rien de tout ça ne vous touche profondément, même pas la pochette de disque ci dessous reproduite, alors, on ne voit pas trop.  
Peut être n’aimez vous pas la vie, tout simplement ?
Ou alors, est-ce que la perspective d’admettre la munificence esthétiques d’objets culturellement très dévalorisés ne vous mettrait pas un tantinet mal à l’aise ? 
(Oui oui, il est n’est pas toujours aisé de défendre Judas Priest dans un dîner mondain… Ce n’est pas une excuse, nonobstant)
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