Jerry Lee Lewis : tutoyer les Dieux, les toucher, les injurier, les détrôner.

Publié le par L'observateur impartial

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L’adulé des foules, l’égal de Dieu, le prédicateur vicelard, le blasphémateur, le déclencheur d’hystéries adolescentes, l'agité du bocal rock, le détesté magnifique, le précurseur indétronnable, le brûleur de pianos, le bouffeur de pilules devant l’éternel, le sale type, l'immortel interprète de Great Balls of fire (littéralement "les grosses couilles de feu"), l’épouseur de cousines de 13 ans, le briseur de coeur, le seul rival crédible du King, celui qui se voyait comme le chant armé de Dieu sur terre (ou du diable, selon ses humeurs), le grand, l’éternel Jerry Lee Lewis *, ne saurait être égalé.
Jamais.
Visionner cette vidéo ** d’une prestation sacrée entre toutes devrait permettre aux sceptiques (que je ne salue point) de confirmer ce jugement volontairement péremptoire : on n'a jamais fait mieux. On ne le fera jamais.  



Quoi de plus merveilleux que cette chorégraphie capillaire tressautante ?
Quoi de plus expressivement limpide que cette gestuelle de fou furieux ?
Qui d’autre que Jerry Lee, look de péquenot / musique touchée par la grâce, pour incarner l’essence même de ce que nous cherchons en ce lieu ?
Qui d’autre pour renverser le ridicule, pour en faire ce cheval de Troie cervellesque vigoureux (cachés dans cette vidéo, des myriades de petits encouragements à l’extase – cette mèche soudain folle, ces déhanchements de bouche, ces ridicules escarpins brinquebalants – n’attendent que votre visionnage pour bondir et passer au fil de l’épée tout velléité de pensée sombre), ce pare-morosité imparable ? 
 
Rien ni personne.

 
« Si je vais en Enfer, j'y vais pour jouer du piano » (Jerry Lee Lewis)


* Liste non exhaustive, évidemment. Pour la compléter, lecture non seulement conseillé mais prescrite par l’ONK avec fougue et insistance : Hellfire du grand Nick Tosches (éditions Allia), roman/biographie indépassable sur Jerry Lee Lewis. Sur ce livre, Greil Marcus (connaisseur s’il en est...) écrivit : « je veux que les choses soient bien claires. Hell Fire est le plus beau livre jamais écrit sur un interprète de rock’n’roll – il est sans égal. »
** Visionnage conseillé : 7 fois dans l’immédiat, laisser décanter une petite heure, puis overdose forcenée jusqu’au petit matin.

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« Les hippies ?  C'est moi l'originel... » (Jerry Lee Lewis)
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sibøül 13/12/2007 04:54

pauvre steve allen: prétend s'la jouer cool avec un mauvais jeu de jambes et un claquement de doigts, mais il swingue comme un balourd, et n'arrive pas à la cheville des 2 gambettes déglinguées de notre héros du jour...

shake it babe

L'observateur impartial 13/12/2007 07:15

@Six BoulettesMoi je le trouve pas si mal, nonobstant, voire croustillantc'est vrai quoi, il swingue quand même un minimum. Imagine Dechavanne ou Foucaut confronté au même phénomène shakerisant. et ben ils feraient pas leurs malins, tu peux me croire ... Salutations ultra matinalesShake shake shake

Am&lie 11/12/2007 22:40

Est-ce la vidéo qui sublime le texte ou alors l'article qui embellit la scène ?
Il y a quelque chose de fou à se dire que tu passes tes nuits à réviser mais que ça n'altère en rien ton écriture et ton inspiration.
Merci Lémi-stiche pour cet autre moment de plaisir que tu nous offres !

Heureusement que Jerry attire toute l'attention sur lui parce que les deux musiciens derrière, c'est pas vraiment le même niveau de swing...

L'observateur impartial 12/12/2007 00:46

@ LCL 2 fois, ça fait un peu tapette, quand même. Mais comme tu as remarqué le moment où il lève la tête tel un caniche tourneur (genre derviche, mais avec les yeux canins), je ne peux t'en vouloir. Pour le coup de la vidéo en ligne directos, tu repasseras, pacque c'est pas easy esasy à gérer. Pour JLL, je veux bien, pour les autres, peaud'balle. @AMelix Mes nuits à réviser ? Euh, j'ai du semi-exagérer quand même. Ceci dit, je retourne au turbin à l'instant. Et il fait nuit, alors...Pour les deux musiciens, je partagerais presque ton opinion si le batteur n'arborait pas cette gueule magique d'abruti heureux, faisant valser ses balais comme on déguste une barbe à papa. Mais ce genre de choses ne saute aux yeux qu'après le 126ème visionnage. Pour toi, demain, quoi...

LCL 11/12/2007 21:09

Mais que vois-je ? Une vidéo directe sur le site ? Ohoh... classe. (Par contre, c'est dommage qu'elle ne s'affiche qu'en petit écran. Va falloir que tu bidouilles un peu)

Je ne l'ai regardé que deux fois : ça compte quand même ? Oui ? Cool. D'ailleurs, j'adore le moment où il s'arrête de jouer, lève la tête comme un canard, prend l'air inspiré, avant de repartir comme en 14.