Ouverture des hostilités : Mort aux lutins !!!

Publié le par L'observateur impartial

Noël ne passera pas l'hiver
          
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Achever l’art, aller dire en pleine cathédrale que Dieu était mort, entreprendre de faire sauter la tour Eiffel, tels furent les petits scandales auxquels se livrèrent sporadiquement
ceux dont la manière de vivre fut en permanence un si grand scandale.
(Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni.)
 
Ta lettre est trop longue, pauvre merde.
(Amirable père noël zélé répondant à un de ses jeunes
admirateurs. Voir plus bas.)
 
 


MANIFESTE POUR LA PROLIFERATION
DES STEACKS DE RENNES


 
NOUS,
laborantins de l’ONK réunis en conclave, 
intègres autant qu’informés, passionnés autant qu’objectifs,
peuple fier et ardent, 
déclarons par la présente :
 
 
LA GUERRE                                                                                                         
aux cupides et périodiques déploiements de fastes 
aux scintillements obscènes des guirlandes électriques 
aux sourires fatigués des caissières surmenées de Carouff
aux dindes fourrées, oies grasses et rennes volants
 
aux barbus en habits rouges
aux mioches qui braillent pour  obtenir gain de cadeau 
aux lutins, trolls et autres farfadets 
et à leurs ateliers de confection de merde
 
à l’horrible déferlement publicitaire qui nous traque jusque sous nos couettes
à Michel Drucker et son noël permanent
à l’enfant Jésus
aux dégoulinantes messes de noël
à tout ce qui est rouge, clignotant ou empaqueté.
 
Défendeurs du kistch dans ce qu’il a de plus pur, d’innocent, de non-prémédité, nous ne tolérerons pas plus longtemps la présente situation empiétant sans vergogne sur notre territoire de prédilection. Le kitsch ne saurait s’assortir de réflexions commerciales. Et ne peut se concevoir que dans l'absurde et l'inutile.
Notre guerre est juste.
Personne ne saurait nous dépouiller, nous spolier de notre juste droit à bouder durant l’hiver.
Le sourire forcé ne passera pas par nous.

Ce sera KITSCH CONTRE KITSCH.
Bûche de noël contre vinasse faisandée de l’ONK
Gentils rennes contre pingouins malveillants
Vieilles bigotes contre jeunes soûlards
La Samaritaine contre La Foirfouille
Mickey contre Ice MC
Carla Bruni contre Courtney Love
Prude vierge Marie contre Marie Madeleine aguichante
Franck Sinatra contre Jerry Lee Lewis
Le mielleux ramolli contre le trépidant épileptique
 
Combat épique entre tous.
Dantesque.
Dans une optique de détournement maximal des guignoleries surconsommatrices, tous les moyens seront jugés bons pour attenter au sous-kitsch de la nativité : papillotes explosives, bûches corsées aux laxatifs, absinthe dans le verre de mamie, copulation pendant la messe de noël, gribouillages sur vos missels (pour les plus petits), sabordages de traineaux (pour les plus pirates) ou génocides de rennes (pour les plus chasseurs)...
 
Camarades,
Le Kistsch sera total et absurde ou ne sera pas,
La victoire nous attend !
 
    Janus Lumignon
    Et les têtes chercheuses de l’ONK
   
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Ps : Nous ne sommes pas seuls. Et tenons par la présente à également saluer l'action de ceux qui défendent les mêmes buts que nous :
 
1.Ce bénévole canadien, volontaire pour répondre aux lettres des mioches trop gâtés au nom du père noël, et n’hésitant, n’écoutant que son devoir, à insulter ceux qui le méritaient. Nul doute que le bambin braillard qui reçut par le courrier le définitif : « ta lettre est trop longue, pauvre merde », considérera désormais le père noël avec plus de circonspection.
Le héros de noël : article

Bravo, camarade !
 
2. Les fières têtes à claques de l’UTECAL (unité de terrorisme fécal), démolisseurs avisés de l’ordre bourgeois et de ses dérives en période de fête, habités d’un bon goût qui ne déparerait pas dans un sketch de Bigard. (Gras Strasbourgeois : gare à tes fesses !)

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3. L’horrible et si croustillant Didier Super et sa magnifique reprise de champs de noël à la sauce capitaliste : Petit papa chinois
 
4. Enfin, comment ne pas se reconnaître dans la démarche d’illustres prédécesseurs, profanateurs réjouissants de célébrations bigottes, cités par le grand Greil Marcus. Longue citation qui a valeur de révérence admirative :

À 11h10, le matin du 9 avril 1950, quatre jeunes gens — dont l’un déguisé de la tête aux pieds en moine dominicain — entraient dans Notre-Dame de Paris. La grand-messe de Pâques* battait son plein, dix mille personnes venues du monde entier se pressaient dans la cathédrale. “Le faux dominicain”, comme l’appela la presse — Michel Mourre, vingt-deux ans — profita d’une pause après le credo pour monter en chaire. Il commença la lecture d’un sermon qu’un de ses co-conspirateurs, Serge Berna, 25 ans, avait rédigé :

Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte

Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de Paris,
J’accuse
l’Église Catholique Universelle du détournement mortel de nos forces vives en faveur d’un ciel vide ;
J’accuse
l’Église Catholique d’escroquerie ;
J’accuse
l’Église Catholique d’infecter le monde de sa morale mortuaire,
d’être le chancre de l’Occident décomposé.
En vérité je vous le dis : Dieu est mort.
Nous vomissons la fadeur agonisante de vos prières,
car vos prières ont grassement fumé les champs de bataille de notre Europe.
Allez dans le désert tragique et exaltant d’une terre où Dieu est mort
et brassez à nouveau cette terre de vos mains nues,
de vos mains d’orgueil,
de vos mains sans prière.
Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte,
Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de France,
nous clamons la mort du Christ-Dieu pour qu’enfin vive l’Homme.

Le cataclysme qui suivit surpassa l’attente de Mourre et de ses compagnons qui, au départ, n’avaient envisagé qu’un lâcher de ballons rouges. L’organiste, averti qu’un incident aurait lieu, étouffa la voix de Mourre juste après qu’il eut prononcé les mots magiques : “Dieu est mort”. Le reste du discours ne fut jamais prononcé. Brandissant leurs hallebardes, les gardes suisses se ruèrent vers les conspirateurs et tentèrent de les tuer. Les camarades de Mourre s’étaient précipités vers l’autel pour protéger la fuite de leur ami. L’un d’eux, Jean Rullier, 25 ans, eut le visage balafré. Les blasphémateurs s’enfuyaient. Mourre, dont l’habit était maculé du sang de Rullier, bénissait allégrement les fidèles tout en se frayant une sortie. Ils furent capturés ou plutôt secourus par la police. La foule qui les avait chassés tous les quatre vers la Seine était sur le point de les lyncher. À la vue de la populace avançant sur le quai, un complice qui tenait une voiture prête pour la fuite démarra sans attendre. Marc’O et Gabriel Pomerand, présents dans la cathédrale, s’esquivèrent et rentrèrent droit à Saint-Germain-des-Prés propager la nouvelle.
(Greil Marcus, Lipstick Traces)
 

sermon-notre-dame.jpg  (Mourre et Berna, répétant, quelques minutes avant l'action)
 

 * Pâques / Noël, vous allez pas chipoter, hein...
 
 
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Commenter cet article

skalpa 26/12/2007 12:22

I do It!
http://kprodukt.blogspot.com/2007/12/joyeux-putain-de-nol.html

Par contre l'image n'est pas capturable, cela met un peub pour over-blog
;-(

joyeux putain de noël!!!

l'observateur impartial 24/12/2007 17:28

@ Skalpa
Merci.
En cette périodes d'opression noëlienne, tout encouragement est bon à prendre...
Salutations

skalpa 24/12/2007 14:21

Que dire....
Bravo....
Je pense que je metterais un lien!!!

L'observateur juste, avisé, impartial et sobrement studieux 22/12/2007 13:46

@ LCL

Pour le tract Utecal, j'avoue, on décèle quelque chose de familier. J'aimerais bien en connaitre l'auteur...

Pour le cadeau, tu imagines bien qu'après un tel engagement anti fêtes, je ne saurais participer. J'aimerais bien, vraiment, mais ma conscience politique...

LCL 21/12/2007 23:23

Chapeau : billet très classe. Je m'incline, savoure et admire.

Ps : Il est un rien mauvais goût, le tract Utecal. On sent une patte...

Pps : à propos de Noël, j'ai le cadeau pour les remp. Faut juste que tu fasses le chèque. (Eheheh... esprit de Noël dans ton cul)