Russ Meyer : de l’art de lumineusement mettre du monde au balcon. Et pas qu’un peu...

Publié le par L'observateur impartial

 Opulence mammaire, bastons jubilatoires et bolides vrombissants

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Si Russ Meyer avait été Dieu, la question du bien et du mal ne se serait jamais posée. Cette andouille de serpent aurait été bien trop occupée à mater les gigantesques attributs d’Eve pour l’induire en tentation avec sa connasse de pomme. Et on continuerait à galoper dénudés comme au premier jour, heureux comme des papes.   
Janus Lumignon : Dieu, ce scélérat
 

Russ Meyer aimait les fortes poitrines. Plus que tout au monde.
Plus que les histoires de nymphomanes vengeresses, de poursuites endiablées dans le désert, de garagistes lubriques ou de pompistes érotomanes,
Plus que les films de série B ou Z et leurs corollaires de scénarios tortueux/débiles,
Plus encore que les bolides vrombissants aux moteurs de fusées,  
Toutes choses qui par ailleurs faisaient également son délice. 

Ouaip, sans conteste, la passion première du sieur Meyer, c’était les gros seins. Les mamelons XXL. Les nichons géants. Naturels ou pas. Blancs, noirs, en poire, tombants, arrogants, avachis, jaunes, grabataires, siliconés à mort, lactescents, bronzés, qu’importe. Mais gros.
 
Russ Meyer ne se contentait pas de les dénuder à l’écran pour se faire des thunes, ces délicieuses poitrines surdimensionnées,
Ce n’était pas juste un petit malin qu’avait capté que le mâle américain moyen des années 1960/1970 était très sensible à ce genre d’arguments frappants,
Encore moins un tâcheron made in Hollywood abattant de la pellicule au kilomètre pour rembourser les traites de son ranch californien, payer l’essence de ses 2 yachts et les pensions de ses 3 ex-femmes, tout en continuant à mener un train de vie soutenu question coke.
Non, simplement, Russ Meyer rendait un culte au Dieu Mamelon. Sculptait sa dévotion par pellicules interposées. Prêtre des balconnets, pape des décolletés, l'illuminé aimait tellement les femmes et leurs attributs qu’il leur construisit une religion cinématographique à leur mesure. Ceci via une esthétique aussi jouissive que décalée, flirtant allégrement avec les codes du nanar : scénars pas piqués des hannetons, héroïnes aussi fortes en karaté qu’en auto-dégrafage de soutien-gorge, bastons sanguinaires, morale oubliée… le tout construit de manière à habilement multiplier les scènes en mini-bikini, mini-short, maxi-wonderbra ou maxi rien du tout pour ses héroïnes surgonflées.


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Assurément, un client de rêve pour l'ONK, toujours à l'affût de ce genre d'illuminés géniaux barbotant avec allégresse dans la mare du kitsch assumé. Cerise sur le gâteau, broderie sur le bonnet F, Russ Meyer prenait un pied immense à tourner ses films. Y insufflait une jubilation jamais démentie, transparente. Une jubilation tellement convaincante qu’elle a fini par l’ancrer comme un cinéaste de tout premier plan auprès de ses successeurs. Séduits par la maestria virevoltante et un tantinet non-académique des plans du maestro, ils sont nombreux, et pas des plus nazes*, à désormais se revendiquer de l'influence de celui qui en son temps était davantage considéré comme le roi du nanar.

Pour les pisses-froids ancrés dans leurs certitudes et prompts à dégainer leurs critiques, un seul visionnage de Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! (indispensable, le film qui a construit sa légende, avec des nénettes aussi méchantes qu'anatomiquement à la hauteur) de Super Vixen**  ou de La vallée des plaisirs devrait vous réconcilier avec l'oeuvre du saint homme, décédé en 2004.
 

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Les anglaises ont de petits seins
Russ Meyer

 
* Voir l’hommage très jouissif (même si très décrié) de l’élève Tarantino à son maître Meyer : Le Boulevard de la mort, road-movie trépidant avec teenagers hurlantes et siliconées dans la plus grande tradition meyerienne
** Dans la même et indispensable série, il y a aussi Vixen, Mega Vixens et Ultra Vixens (mazette !).


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Ps : Grande nouvelle ! En effectuant quelques recherches pour le compte de ce billet, les courageux guerriers de l'ONK ont déniché leur mascotte, voire leur idole : le valeureux et glorieux Homme Puma (cf. affiche ci dessous), création d'un obscur cinéaste italien, Alberto de Martino. "Plus vite que la lumière, plus fort que l'Ouragan", mazette... à première vue, il est parfait (il vole aussi, à la demande, paraît-il). Seule ombre au tableau, pour l'instant on voit mal ce qu'il a de "Puma". Les recherches sont lancées, on vous tient au courant...
En attendant,
Gloire à celui qui désormais est l'ange-gardien de ces pages. Avec l'Homme Puma à ses côtés, l'ONK ne peut que triompher...


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Zgur 06/04/2008 19:34

A la demande générale, scéance de rattrapage sur James Coburn/Flint (et Dean Martin/Matt Helm) chez moi à l'adresse suivante :

http://zgur.blog.20minutes.fr/archive/2008/03/08/qui-de-derek-flint-ou-de-matt-helm-merite-le-kitsch-d-or.html

Que du bon !

Salutations cinéphiles

Arf !

Zgur

l'observateur du kitsch 06/03/2008 00:54

@ Zgur,
Enthousiasme communicatif qui ne trompe pas : ton bon goût en matière de kitsch est aussi acéré que communicatif.
Pour ce must de l'érotisme hollywoodien, je suis un peu jaloux, il est vrai, mais dès que j'ai gagné au loto ou aux courses de lévriers, je me le paye...
Pour la grande oeuvre du sieur Meyer, vais me renseigner, je dois avouer quelques lacunes sur la question. Comme sur celle de James Coburn, d'ailleurs...
Salutations ONKiennes

Zgur 05/03/2008 18:48

'tain, ya pas à dire, j'aime ce bloug !

Rhaa lovely, Supervixen !
Super souvenir.
J'ai même le livre de Jean Pierre Jackson sur le maître mammaire, un cadeau aujourd'hui inestimable
http://www.priceminister.com/offer/buy/16326541/Jean-Pierre-Jackson-Russ-Meyer-Ou-Trente-Ans-De-Cinema-Erotique-A-Hollywood-Livre.html

Le cinema de Russ, c'est surtout un cinema de la bonne humeur (matinée d'un peu de Tex Avery aussi).
Mais qu'en est-il du GRAND oeuvre - genre autobiographie en 26 volumes bonnets F - sur lequel il a travaillé les dernières années de sa vie ?

Sinon, L'homme puma ?
Plutôt "Notre homme Flint" avec James Coburn
(cf http://en.wikipedia.org/wiki/Our_Man_Flint )

Arf !

Zgur