God save the Beans : chroniques sous la manche # 3

Publié le par L'observateur impartial

 Chassez les talonnettes, elles reviennent au galop


 

 

Ils sont unanimes, ces britons. Tous. Etudiants, poivrots, fans d’Arsenal, serveurs, chauffeurs de taxis, proprios, colocs ghanéens, piliers de pub, mancuniens, paki en goguette, sosies de Beckham, écossais, profs… Pas un pour contredire leur touchante unanimité. Pour apporter un peu de grain intellectuel à moudre au camp adverse. Tous, ils le trouvent ridicules. Et, indéniablement, ils se foutent de notre gueule.

D’abord, ils commencent par s’étonner : « comment avez-vous pu voter pour ça* ? ». Etonnement qui, nous déshonorant, les honore. Même s’il faut reconnaitre que leur réaction est plus basée sur le style clinquant-beauf de Sarkozy que sur une analyse poussée de ses politiques scélérates. En clair, c’est surtout un sujet de moquerie (comme on les comprend…). Sa taille, ses mimiques, ses poses ridicules, son look d’affairiste bas du front, son manque de dignité, de hauteur surtout. Ils le verraient passer dans la rue, ils le hueraient, puis le raccompagneraient aux limites de la ville recouvert de goudron et de plumes.

C’est quelque chose qu’on ne saisit pas forcément depuis la France, cette image dérisoire que l’on renvoie via notre émissaire présidentiel. On s’en doute, on l’espère presque (l’humanité entière ne serait alors pas bonne pour la poubelle, seulement notre petit hexagone rance…), mais on n’en devine pas l’importance. On ne voit pas qu'on est devenus les crétins n°1 de l’Europe, sans prévenir (même les italiens sont détrônés) et sans conteste. Voilage de face dans lequel nos médias panurgiens portent une lourde responsabilité.

Ca nous rappelle cette réunion bruxelloise de l'UE sur les budgets nationaux (vers septembre de l’année dernière) où Sarkozy s’était fait très méchamment tapé sur les doigts par ses homologues européens après avoir annoncé que la France ne tiendrait pas ses engagements en matière économique, et n'essayerait même pas, d'ailleurs. Une rouste mémorable qu’il s’était prise. Avant de rentrer triomphalement en France clamer qu’il avait « maté tous ces petits bureaucrates bruxellois qui n’avaient pu que s’incliner face à son pragmatisme et à son énergie » (un truc du genre). Ce que les journaux et télés françaises s’étaient empressées de colporter (« gloire à celui qui a su défendre nos intérêts face aux technocrates à dents longues », des trucs du genre). Alors que les autres médias européens faisaient état d’une « claque pour Sarkozy » ou titraient « Sarkozy se fait petit » (encore plus ? hinhin)…

 

 

Et si, effectivement, la traitresse Carla a fait l’unanimité auprès des trop gentils britons (un genre de robe à la Jackie Kennedy, une courbette servile aux pieds de la croulante encouronnée, des mimiques à la Diana, et ces empaffés perdent tout leur fiel…), ça ne change pas grand-chose : un pantin dérisoire qui sort avec une bonnasse reste un pantin dérisoire (L’effet Karembeu, comme on dit chez nous). Et ce qui a finalement le plus retenu l’attention, ici, c’est plutôt le contraste entre la classe de l’une et l’insignifiance vulgaire de l’autre.

Les italiens ont connu ça avec Berlusconi. Ce calvaire à l’étranger où les gens ne connaissent plus votre pays que pour sa déchéance politique. Pour ce choix ridicule d’une personne tellement indigne. Cet aveuglement collectif qui vous transforme au rang de benêts mondiaux. C’est mérité, bien sûr. Mais, quand même, c’est ballot. On se casse à l’étranger pour ne plus le voir ni l’entendre, pour échapper à son omniprésence fallacieuse. Et chaque personne que vous croisez vous ramène à votre triste condition de pendard franchouillard aux ordres d’une baderne egotique.

Désormais, notre prestige international se ramène à deux ou trois éléments pustuleux ; exit les camemberts, les petites femmes de Paris, Piaf, le bon vin et la patrie de la littérature, place à l’imagerie sarkosienne : des talonnettes, une bonnasse, des relents nauséabonds de racisme généralisé, un populisme bas de gamme, la lourdeur de Bigard, une grosse montre, la gueule nécrosée de Johnny « Exil Fiscal » et un look vulgos. Le cocorico a encore frappé…

 

* Notez le bien compréhensible refus de faire appartenir Sarko à la race humaine, la volonté de le laisser à un stade indéterminé, mi-animal, mi-objet : « pour ça ».

 

 

« Avec tact, Carla choisit des chaussures plates pour ne pas dominer le président »

(Daily Mail, 27/03)


 

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l'observateur du kitsch 10/04/2008 19:19

@ Flo Py
Merci à toi.
J'avais peur d'être cantonné hors de l'arène politique par les diktats de mon maigre lectorat. Et craignais d'être condamné à éternellement scribouiller sur d'obscurs chanteurs ou cinéastes dont tout le monde se fout...
joyeuse soirée

@ Zgur
Yep, j'avais vu. Lumignon, social-démocrate à barbiche, ça m'a foutu un coup. Si même un anarchiste patenté comme lui se rallie aux pleutres solfériniens, on est mal barré.
Je songe sérieusement à changer de mentor...

Urf !

Zgur 08/04/2008 22:58

Lumignon à Libération ?

La preuve: http://www.liberation.fr/actualite/sports/319963.FR.php

C'est pas très joli un lumignon barbichu.

Arf !

Zgur

Flo Py 08/04/2008 13:58

Moi j'aime bien tes "rechutes", même (surtout ?) si elles font grincer des dents ;-)

Bises et bon aprèm

l'observateur du kitsch 06/04/2008 20:08

@ Amélie,
M'enfin, Lumignon ne se manifeste pas sur commande ! Faut que différents éléments soient réunis pour qu'il daigne m'honorer de sa présence.
Et puis, je ne pensais pas faire un billet politique, mais mon clavier a glissé et mon doigt a suivi.
Prends ça comme une rechute.
Ton relaps...

@ fermtag
(joli pseudo)
Ouf que t'as rectifié, je ne comprenais pas. Alors que là, tout s'éclaire...
Photos suivront.

fermtag 06/04/2008 17:15

Je voulais dire princeident... zolé