Une autre fin du monde est possible

Publié le par L'observateur impartial

Trou noir et collisionneurs géants de hardons : l’apocalypse est pour août prochain et il est Suisse. Honolulu s’insurge.

 



Il y a une théorie qui dit que si un jour on découvre à quoi sert l'univers et pourquoi il est là, il disparaitra immédiatement pour être remplacé par quelque chose d'encore plus bizarre et inexplicable. Une autre théorie  dit que celà  s'est déjà passé.

Douglas Adam, Le Dernier restaurant avant la fin du monde.

 

 

Ici, à l’ONK, on manque  d’imagination, des fois. On sous-estime les capacités magiques de ce bon vieil être humain qui jamais – au grand jamais – ne nous déçoit. Tout comme son environnement naturel, d’ailleurs (vous a t’on déjà parlé de Tourtie, notre extraordinaire tourterelle géante semi-apprivoisée, mascotte de l’ONK ?).

Tenez, la fin du monde, par exemple. On a toujours claironné qu’elle ne saurait tarder, on a potassé le sujet comme des bêtes et on a passé des heures à imaginer les différents scénarios, du conflit nucléaire à l’apocalypse écologique, en passant par l'insurrection des renards (à Londres, ils en sont déjà à manger les bébés dans les rues*) et la chiquenaude divine zappant sur une autre chaîne planétaire. On se croyait au top du top en matière de fin du monde. Des cracks. Même qu’on avait vus Armageddon 2 fois. Et qu’on pouvait citer Nostradamaus et Paco Rabanne dans le texte. De quoi nous considérer comme blindés sur le sujet.

Mais voilà, comme à chaque fois que l’hubris** s’empare de nous, qu’on se croit omniscients et intellectuellement surpuissants, on apprend une nouvelle qui nous fait directos remettre les pieds sur terre. Oublier nos velléités d’ascendance divine. Et au vu des dernières nouvelles en provenance d’Hawaï, nos connaissances en matière d’anticipation apocalyptique bégayent terriblement. On se croyait Philippe K. Dick ou Orwell, on est que les frères Bogdanoff. Dur.

 

L’affaire est limpide. Le CERN, centre de recherche sur la physique nucléaire, les molécules et tout le tralala scientifique abscon, basé à Genève, a mis en route depuis un certain temps la construction d'un accélérateur de particules d’une taille et d’une puissance défiant tout ce qui avait pu se faire en la matière (huhu) par le passé. Une belle bête de 27km de long poétiquement baptisée « grand collisionneur de hardons » qui a couté la bagatelle de 5 milliards d’euros et devait normalement être mis en service fin août. Ladite méga machine devait grandement faire avancer la science dans ces domaines 'achement balèze où on ne comprend rien même si on a essayé de lire Stephen Hawking.

L’affaire était lancée, la machine au look de Centre Pompidou nouvelle génération quasi terminée (cf. ci-contre) et les prix nobels au congélo avec les bouteilles de champ. Tout se passait bien, et on allait apprendre des trucs salement pointus sur les nano-particules, l’expansion de l’univers, les microns galactiques et tout le bazar.

Jusqu’au cri d’alarme lancé par deux savants assez obscurs, Walter L. Wagner (ancien physicien de l’université de Californie) et son teupo Luis Sancho (illustre inconnu mais qu’y s’y connaît quand même vachement dans le domaine de l’antimatière), convaincus que ladite machine, dès sa mise en route, aspirerait la terre dans un trou noir, avant de grignoter le reste de l’univers sur sa lancée. Aspirés par la Suisse, c’est vrai que ce serait ballot.

Du coup, nos deux sommités précitées ont lancé une action en justice devant la cour d’Honolulu (Pourquoi Hawaï ? euh... une autre question ?) afin d’empêcher in extremis le lancement du super méga truc à particules et par conséquent, sauver l’univers. ***

Les deux Bruces Willis de la physique ont ainsi affirmé à la cour, que le giga accélérateur pourrait, je cite, « créer un trou noir susceptible d’engloutir la Terre et peut-être l’univers entier ». Argument choc, il faut bien le dire, qui a été pris très au sérieux par la cour en question. Verdict, le 16 juin. 


A l'ONK, on est convaincus que les deux trouble-fêtes ont raison. Que l'hara-kiri planétaire n'est plus qu'une question de mois. Et on prie fièvreusement pour l'accomplissement de ladite prédiction. Pour tout vous dire, à imaginer la chose, on frémit d’impatience. Et on espère que les deux gus ne vont pas réussir à mettre des bâtons juridiques dans les roues du feu d’artifice monochrome attendu.

C'est qu'on aimerait bien y avoir droit, à l’apocalypse par le trou noir. Etre aspiré dans  un trou noir, quelle plus belle fin du monde ? Esthétiquement, ça doit quand même en jeter un max (hormis peut être ce bruit pressenti d’évier qui se débouche). En tout cas, surement plus que la mesquine fin du monde qui nous pend de toute manière au nez, laborieux processus sans envergure qui va trainasser pendant encore au moins 20 ans avec son lot de souffrances indicibles et de catastrophes meurtrières. Alors que là, ça aurait de la gueule. Comme de finir dévoré par un dinosaure, écharpé par ses fans en furie, éreinté par une nuit d'amour ou défoncé par Chuck Norris. Une belle fin. Et puis, ce noir absolu et soudain, ce vide engloutissant l'immensité sans prévenir, ça a quelque chose d'indéfinissablement tentant. De terriblement séduisant dans son dépouillement. « Pretty Vacant », glapissait lumineusement Johnny Rotten du temps des Sex Pistols. « Joliment vide ». C’est exactement ça.

 


 

 

* Eh, Manu, elles sont dignes de confiance, tes infos, hein ? Il y a bien conspiration des renards britons babyphages ? Tu confirmes, main sur le coeur ?

** Si il y a des crétins ignares parmi nous, on leur conseille fortement d’investir dans un dico de grec ancien. Z’êtes pas sur n’importe quel bloug ici…

*** Je vous sens incrédules, bandes de moules. Voici quelques liens pour désaltérer votre soif de vérité journalistique et ancrer ce billet dans ce réel que vous osez - mécréants! - lui dénier : Ici, ici ou ici. 

 

Ps : Gaston ? Euh, bah, il est toujours pas sorti de son bureau, alors on vaque à nos occupations. Si on excepte l’invasion de termites incendiaires après diner et l’éléphant qui vagit dans les toilettes, tout se passe bien, merci. Et on attend une déclaration solenelle d'une minute à l'autre. 

Pps : merci à toi, Chlo, pour ce tuyau revitalisant. L'ONK a même failli se pencher sur l’ascendance mongole de la petite Alechinsky, ton autre tuyau, mais le sujet était trop compliqué pour nous. Par contre, si tu veux t’y coller, ces pages te sont ouvertes…



Trou noir qui, comme son nom l'indique, absorberait toute la matière qui l'environne et grossirait jusqu'à engloutir la suisse, l'europe, le monde, la galaxie, l'univers, et il rejoindrait probablement le trou noir qui est au centre de l'univers et il n'y aurait plus rien.
(Chlo by mail)

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

l'observateur du kitsch 26/04/2008 12:26

@ Thomas
Je préconise une certaine vigilance. Soyez prêts le jour J, à l’affût. Comme le disait justement « chasseur d’images » dans son numéro de mai 2003 : « les trous noirs sont comme les tornades, il faut viser l’œil, le centre calme. C’est là que vous trouverez les plus belles prises de vue, dépouillées à l’extrême. »
A mon avis, le mieux est de ne pas paniquer, et de déclencher juste au moment de l’avalement par le vide intersidéral. Vous ne le regretterez pas quand vous développerez vos photos dans l’autre dimension (en même temps, un truc en 2 dimension, c’est un peu naze quand on est dans la quatrième dimension – voire plus…)

Thom 25/04/2008 17:26

J'attends donc le 16 avec impatience...et je prendrai mon appareil photo au cas où.

A votre avis quel genre de point stratégique il faudra que je choisisse ce jour-là pour réussir mes prises de vue...? Faudrait quand même faire les choses bien, c'est pas tous les jours la fin du monde et après bah c'est trop tard, on n'a droit qu'à un seul essai...