Faites entrer la curée. Les aventures de mon pavé dans ta face rubiconde, vol.1

Publié le par L'observateur impartial

Asylum Airlines : pourriture aéroportée




Par exemple le lundi, nous partirons de Vienne et ramasserons à Berlin, puis Paris puis Madrid tous ceux qui sont renvoyés au Nigeria. Le mardi, on fera le vol pour le Pakistan. Et ainsi de suite. (Hans Berger) 

 
Genre de top 50 des immondices, de hit parade de la saloperie humaine, cette nouvelle chronique se veut purement guidée par la haine et le dégoût. Et bassement misanthrope. C’est l’époque qui veut ça (notre présente humeur, peut être un peu, aussi…). Nous, on voudrait bien te parler de petites fleurs, de chanteurs à paillettes et d’amours passionnées (notre penchant naturel), continuer à déblatérer sur le kitsch à travers les âges, mais on le sent de moins en moins. Pas vraiment la motiv. Peut être, d’ailleurs, est-il temps de déménager pour chasser d’autres proies que le Kitsch ? A voir. Gaston planche sur le sujet.
Donc, cette chronique. Son principe est simple : livrer pieds et poings liés à la vindicte populaire, le plus gros immondice humain de la semaine (ou du mois, ou du jour, selon notre paresse et l’actualité), raclure de bidet de l’humanité que rien ne saurait sauver de notre mépris. Et prononcer illico sa rétrogradation au rang de « pitoyable baderne malfaisante de première classe ». Habiller tout ça d’une logorrhée adaptée au dégoût suscité par les heureux élus. En rajouter une couche dans la dénonciation des méfaits desdits élus. Et tirer la chasse.

 Au pilori cette semaine : Hans Berger et ses 2 potes, Hermann Heller et Carl Julius Wagner.
Les trois immondes, autrichiens (no comment...), viennent de lancer en fanfare une compagnie aérienne destinée à simplifier l’expulsion des sans-papiers dans toute l’Europe. Surfant sur la xénophobie latente – sous forme aseptisée – à l’œuvre dans tant de pays d’Europe, les malfaisants espèrent bien se faire un max de pognon. Asylum, qu’ils ont osé nommer leur compagnie. L’idée est de proposer des avions pensés tout exprès pour l’expulsion des indésirables, et ainsi éviter les habituelles embrouilles, quand passagers ou commandants de bord s’insurgeaient. Désormais, on pourra raccompagner les clandestins à l’abri des regards, les matraquer en toute discrétion, même dans les avions. On n’arrête pas le progrès. On les parquait déjà dans des zones éloignées des regards, mini-Guantanamos à forts relents vichystes. Maintenant, on va pouvoir voir les choses en grand. Le petit Hortefeux doit jubiler (ledit jubilant devant s’attendre à une nomination rapide et rigoureuse dans notre top 50 de l'immondice), les 25000 seront facilement atteints... 
Dans Bakchich d’aujourd’hui (bon article,
ici), Hans Berger déblatère dégueulassement sur la genèse de son idée dégueulasse. D'ailleurs, il ne déblatère pas, il vomit. Très sûr de lui, fier même, l’immonde explique pourquoi il est content de proposer « une solution praticable et économique au renvoi de “ces gens-là” ». La truffe frémissante, la raclure assène quelques considérations ultra libérales sur les bienfaits de son idée (comment que ça va être plus facile et moins coûteux désormais de renvoyer les gens chez eux, je te dis même pas…). D’ailleurs, il tient à le dire, il y aura tout le confort possible, de quoi attacher fermement les clandos, des trucs en mousse anti suicides et même, –  l’hallucinante ordure ose le mentionner comme si ça faisait de lui une sorte de St François d’Assises gonflé de bonté – un sandwich et un verre d’eau gratuits pour ceux qui se tiendront bien.

Ainsi, pénétrant de plein fouet dans ce territoire de saloperie contemporaine inauguré hexagonalement par Sarkozy et appelé la « décomplexion », l’horrible baderne autrichienne s'auto-décerne des lauriers pour sa clairvoyance et son génie. C'est qu'Hans Berger est « décomplexé », ce qui, dans l’acceptation contemporaine du concept, très en vogue dans nos propres contrées rances, veut dire qu’il a pas peur de sacrifier tout idéal un peu humain sur l’autel du fric roi. Ca veut dire aussi qu’il s’en bat le steak de la misère humaine qui n’a qu’à rester chez elle plutôt que de débarquer sur nos blanches terres d’Europe, terres qui de toute façon ne veulent pas d'elle ni de ses enfants qui font que de génocider des moutons dans les baignoires en préparant le Jihad avec leurs 15 femmes voilées...
En fin de compte, son petit business de rat semble bien parti pour rapporter un max d’argent. Hans Berger est content. Fier de sa réussite. Il ose le dire. Le claironner. Il ne rase même pas les murs, il suinte plutôt la satisfaction. Un portrait dans Valeurs Actuelles ou Le Figaro est à envisager, avec en gros titre quelque chose du genre « le pourfendeur des pesanteurs sociales », ou « Hans Berger, itinéraire d’un commandant de bord aux galons mérités ». Un héros de notre temps, à n’en pas douter.  

Et, ici, on a choisi d'en tirer les leçons nécessaires. Puisque se décomplexer est à la mode, on ose le dire, en tout décontraction, vu que nous aussi on est 'achement décomplexés comme mecs : ignoble immondice !  


ps : Autre nouveauté de l’ONK, aujourd’hui (jour faste, sonnez tambours et trompettes...), celle de la citation suivie de son châtiment immédiat, salvatrice opération poétiquement nommée « t’as osé dire ça, ben prends toi ça dans les dents, fieffée canaille ! ».
L'heureuse élue boursouflée d'obscénité est cette sybillino-vomitive citation d'Hans Berger, immonde en chef : « Les bonnes idées, comme notre future compagnie aérienne Asylum Airlines, naissent souvent dans la convivialité, autour d’un verre. »

L'immédiate réaction épidermique ne se fait pas attendre, conviviale, elle aussi, tu t'en doutes :

 


(Topor)

 


Pps : on voulait raccorder ce sujet au dernier scandale en provenance de la question sans-papiers, cette préfecture (Nanterre) prise la main dans le sac de ses pratiques honteuses, à savoir les pièges tendus aux sans-papiers dans ses propres murs avec de fausses convocations et de vraies arrestations. Pratiques qui ne sont pas sans rappeller certaines heures peu glorieuses de notre peu glorieuse histoire. Mais voilà, un sujet gerbant nous suffit largement et l'overdose nauséeuse nous guette. Je t'invite quand même à parcourir cet
article de Libé, si ce n'est déjà fait. Pour édification. Fétide.  

  Ppps : Ouaip, Charançon, ai fini par m’emparer de ce titre, tel un rapace. Mais je te rappelle que « faites entrer la purée » est encore vierge de toute utilisation, et que tu en possèdes le copyright, heureux veinard…


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l'observateur du kitsch 26/04/2008 12:23

@ Zgur,
Oui, une odeur très forte de chacals en ruts se faufile vicieusement à l’échelle européenne. Les italiens sont des sagouins, tout comme nous. Mais le leur est encore pire, je crois, caresse ses foules dans un sens du poil encore plus rebutant. Le problème, c’est qu’on peut difficilement leur faire la morale…
Pour Orwell, lire, relire, rerelire, rererererere... et ce ne sera jamais assez, pas seulement pour 1984 d'ailleurs

Zgur 20/04/2008 22:15

Voilà une bien belle crapule déjà enrôlée dans "l'armée du bien" que veut créer Silvio Berlusconi :

""L'une des premières choses à faire est de fermer les frontières et de mettre en place davantage de camps pour identifier les ressortissants étrangers qui n'ont pas d'emploi et sont acculés à la criminalité", a-t-il dit à la télévision.

"Deuxièmement, il nous faut davantage de policiers de terrain pour constituer une 'armée du bien' sur les places et dans les rues pour s'interposer entre le peuple italien et l'armée du mal"

Source : http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080415/tts-italie-elections-ca02f96.html


Il faut vraiment lire, relire et faire lire George Orwell :

"La liberté c’est l’esclavage,
la vérité c’est le mensonge,
l’amour c’est la haine."

Un bien joli projet de civilisation

Zgur