Oh, that band !!! Devo, Whip it.
A énumérer les motifs à enthousiasme de ce clip des lumineux tarés de Devo, on prendrait le risque de s’étaler disgracieusement sur
des pages et des pages. De s’embourber dans de longues considérations brouillonnes ; enthousiastes mais inutiles. On préfère aller au vif du sujet plutôt que de bramer longuement notre adulation
de manière aussi indigeste qu’inconsidérée.
C’est qu’il suffit de visionner ladite vidéo pour comprendre qu’elle est inépuisable niveau kitsch : des improbables couvre-chefs coniques* fièrement arborés par nos héros, en passant par
l’accorte matrone zieutant la scène depuis la fenêtre d’un genre de chalet Ikea toc sa spatule phalique à la main, l’esthétique cuir (queer ?) cheap des membres du groupe, le déshabillage
expert de cette zorrote voluptueuse finalement malmenée et les ébats très virils de cow-boys aux dents clinquantes et de cow-girls lascives qui n’ont pas vraiment l’air d’avoir du vague à
l’âme**, le cocktail visuel distillé a tout pour réjouir, voire pour étourdir de volupté, l’amateur de kitsch qui se respecte.
Déjà, il y avait la chanson en elle-même, jouissive incitation au sadomasochisme soft***, machine à danser et hit absolu des désaxés du post-punk-kraut-rock-pré-électro-machin.
Mais ce clip, que l’on vient juste de découvrir, en remet une couche dans la perfection kitsch et nous impose, bien contre notre gré (tu nous connais, on aime déblatérer jusqu’à saturation...),
le silence.
* Couvres chefs dit « en pots de fleurs » et expertement fabriqués par les intéressés en personne dans le but de focaliser
l'intégralité de leurs énergies sexuelles sur leurs voix. Ca semble efficace.
** Le premier lecteur à signaler la très subtile allusion à un magistral et foutraque roman ricain contemporain gagnera son poids en jus de yahou.
*** « whip it » = fouettes ça / fouettes le !!!